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Fait marquant

Vers un modèle murin d’étude du cancer ovarien ?



​​​​​​​​​​​​​​​Des chercheurs de notre laboratoire définissent le rôle physiologique chez la souris de la phosphorylation de la tyrosine 685 de la VE-cadhérine humaine, protéine majoritaire des jonctions inter-cellulaires de l'endothélium vasculaire. La souris ainsi générée à l'occasion de cette étude pourra-t-elle servir de modèle de cancer ovarien ? ​

Publié le 1 juillet 2014
Les phosphorylations/déphosphorylations des protéines sont des réactions enzymatiques majeures impliquées dans la prolifération, la migration, et la différenciation cellulaire. Ainsi, au cours des processus inflammatoires et angiogéniques, de telles réactions peuvent intervenir au niveau des cellules de l’endothélium vasculaire (monocouche tapissant l’intérieur des vaisseaux sanguins et lymphatiques) et participer à leur déstabilisation.

L’intégrité de l’endothélium est assurée par des jonctions intercellulaires dont le composant majoritaire et spécifique est la VE-cadhérine, protéine transmembranaire aux propriétés adhésives. Les chercheurs de notre laboratoire ont préalablement montré [1] l’existence in vivo d’une phosphorylation sur l’acide aminé tyrosine 685 de la VE-cadhérine humaine. Dans une étude récente ils montrent [2] la régulation physiologique de ce processus au cours du remodelage vasculaire dans le système reproducteur de la souris femelle.

Afin de définir le rôle de cette phosphorylation, ces chercheurs ont alors généré une souris où les molécules de VE-cadhérine ne possèdent plus de tyrosine 685 mais une phénylalanine, un acide aminé de structure identique non phosphorylable (Figure) [3]. Ces souris sont viables et ne présentent pas de signes extérieurs de pathologies. Cependant les femelles nullipares (n’ayant jamais eu de petits) révèlent des anomalies au niveau ovarien et utérin montrant la présence respective de kystes et d’oedèmes. Tout récemment, ces chercheurs ont observé que les souris mises en croisement et n’ayant pas pu avoir de portées, présentaient pour 8 cas sur 9 des anomalies morphologiques majeures de leur système reproducteur.

En pathologie humaine, deux facteurs de risque ont pu être mis en évidence dans la survenue du cancer de l'ovaire. Il s’agit d’une part de la nulliparité et d’autre part de l'infertilité. De façon remarquable, les anomalies observées chez ces souris correspondent à ces deux situations.

La suite des travaux cherchera à déterminer si cette souris peut constituer un modèle d’étude du cancer ovarien et si la phosphorylation de la tyrosine 685 peut être un biomarqueur de la déstabilisation de l’endothélium en cancérologie.

La tyrosine 685 est substituée par une phénylalanine, un autre acide aminé de structure identique ne comportant pas de groupement OH, support de la réaction de phosphorylation. La souris knock-in Y685F-VE-cad hétérozygote a été générée à l’Institut Clinique de la Souris de Strasbourg et les homozygotes produits à l’institut.
L’angiogenèse est la formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants, processus physiologique normal mais également pathologique rencontré dans la croissance des tumeurs malignes et le développement des métastases.

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