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Fait marquant

Les biomarqueurs au service du cancer




En collaboration avec  l'unité Inserm 836 équipe 7 (François Berger) nous nous intéressons à la mise en évidence de biomarqueurs circulants des glioblastomes humains.

Publié le 31 janvier 2008

La découverte de marqueurs de cancer à partir de fluides biologiques apparaît comme une priorité dans la lutte contre le cancer. Ces marqueurs peuvent avoir plusieurs finalités : détecter le plus précocement possible l'existence d'une tumeur, donner une information sur son agressivité, participer au choix thérapeutique et suivre l'efficacité du traitement.

Une révolution conceptuelle récente dans le traitement du cancer consiste à cibler le réseau vasculaire qui irrigue une tumeur. Il est maintenant bien établi que le développement d'une vascularisation (angiogenèse) intra ou péritumorale est un événement clé autant pour la croissance d'une tumeur que pour la dissémination métastatique par la voie sanguine. Ainsi, des études ont montré que l'angiogenèse est un facteur pronostique dans diverses tumeurs, notamment le cancer du sein, du rein, de la prostate, du côlon et du cerveau, ainsi que dans le mélanome. En effet, le taux de récidive des tumeurs fortement vascularisées est plus élevé que celui des tumeurs faiblement vascularisées.
Cette révolution présente plusieurs avantages par rapport aux thérapies anticancéreuses classiques : spécificité d'action antitumorale, cible plus facilement accessible, risque moins élevé de résistance, efficacité dans le traitement d'association avec des agents anticancéreux classiques, et possibilité de chimioprophylaxie.

Dans ce cadre, en collaboration qvec l'U836 équipe 7 (François Berger) du GIN, nous nous sommes intéressé à la mise en évidence de biomarqueurs circulants des glioblastomes humains. Ce sont des tumeurs cérébrales agressives et hypervascularisées associées à une survie rarement supérieure à 15 mois. Le traitement classique comporte l’exérèse chirurgicale, la radiothérapie et la chimiothérapie. Malheureusement, une résistance à cette chimiothérapie est observée dans 30 % des cas et des biomarqueurs de détection de cette résistance ne sont pas encore connus. Les groupes de patients étudiés présentaient des tumeurs cérébrales de type gliome (différentes tumeurs des cellules gliales) ayant reçu des traitements basés sur la poly-chimiothérapie en association ou non avec la radiothérapie. Le caractère répondeur ou non répondeur des tumeurs a été précisé sur la base de paramètres cliniques évalués lors du suivi thérapeutique des patients et sur la base d'imageries (IRM) réalisées à intervalles réguliers après le début du traitement.
Les capillaires du réseau vasculaire tumoral diffèrent du réseau vasculaire normal par leurs aspects morphologiques. De ce fait, une protéine spécifique des cellules endothéliales a été dosée dans des sérums de patients porteurs de glioblastomes pour déterminer sa valeur diagnostique de la chimiorésistance. Les patients ont été classés suivant leur réponse ou non à la chimiothérapie. Les résultats de l'étude sur 50 sérums montre la présence du domaine extracellulaire de cette protéine chez les patients qui ont répondu à la chimiothérapie alors que son taux est fortement diminué chez les patients qui se sont avérés non répondeurs à la chimiothérapie.

La méthodologie employée et les résultats obtenus ont fait l'objet d'une demande de dépôt de brevet le 23 novembre 2006 Patent EPO N° (provisoire) PCT/FR 2007/001933 avec extension internationale le 23 novembre 2007.
Cette découverte pourra permettre le développement d’un kit diagnostique utilisable avant traitement pour orienter la thérapie dans cette pathologie.

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