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Fait marquant

Pseudomonas à l’assaut des jonctions cellulaires


Nous montrons que les facteurs de virulence bactériens, généralement étudiés indépendamment, coopèrent pour augmenter la virulence. Nous avons mis en évidence un mécanisme inédit de coopération entre le système de sécrétion présent chez certains pathogènes et une protéase libérée dans le milieu extracellulaire. De nouveaux inhibiteurs pharmacologiques bloquant cette protéase pourraient permettre de ralentir la dissémination du pathogène.

Publié le 30 septembre 2014
Pseudomonas aeruginosa est un pathogène bactérien responsable d’infections nosocomiales. Certaines de ces infections sont dites aiguës. Au cours de celles-ci, Pseudomonas va rapidement franchir les différentes barrières de l’organisme et se disséminer par le système sanguin. Alors que de nombreuses souches de Pseudomonas résistantes aux antibiotiques font leur apparition en milieu hospitalier, certains mécanismes de l’infection restent incompris.

Nous cherchons à élucider les mécanismes de franchissement de la barrière vasculaire par Pseudomonas aeruginosa au cours d’infections aiguës. La barrière vasculaire est constituée d’une monocouche de cellules endothéliales qui tapissent les vaisseaux sanguins. Le système de sécrétion de type 3 a été décrit précédemment comme le facteur de virulence majeur de Pseudomonas, induisant une rapide rétraction cellulaire (Figure). Ce système est connu pour avoir une affinité plus grande pour le domaine basal des cellules. Nous avons mis en évidence un mécanisme inédit de coopération entre ce système de sécrétion et une protéase, LasB, libérée dans le milieu extracellulaire. Nous avons montré que LasB clivait la VE-cadhérine, une protéine essentielle des jonctions cellulaires, induisant ainsi une rupture de la barrière vasculaire endothéliale. Les bactéries peuvent ainsi accéder au domaine basal et injecter les toxines du système de sécrétion de type 3.

Cette étude montre que les facteurs de virulence bactériens, généralement étudiés indépendamment, coopèrent pour augmenter la virulence. De nouveaux inhibiteurs pharmacologiques bloquant LasB pourraient permettre de ralentir la dissémination de ce pathogène dans l’organisme.
A - Cellules endothéliales B - Cellules endothéliales après 3 heures d’infection par une souche sauvage de Pseudomonas. C - infection par un mutant sans LasB.

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