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Fait marquant

Deux nouvelles protéines renforcent l’injection de toxines par Pseudomonas



​Ce travail nous a permis d'identifier 2 nouvelles protéines impliquées dans l’assemblage de l’appareil de sécrétion de Pseudomonas aeruginosa et illustre l’assemblage complexe et multi-factoriel du SST3 dans lequel plusieurs protéines assurent des rôles subtils d’optimisation.

Publié le 30 juin 2015
La bactérie gram-négatif Pseudomonas aeruginosa est un pathogène opportuniste considéré comme l’un des agents principaux responsables de maladies nosocomiales. Elle provoque des infections sévères chez les patients hospitalisés ainsi que chez les malades atteints de mucoviscidose. Le Système de Sécrétion de Type III (SST3) est un des mécanismes majeurs de virulence des isolats cliniques de P. aeruginosa ; il permet l’injection de toxines bactériennes directement dans le cytoplasme de la cellule cible grâce à une structure en forme d’aiguille.

Depuis plusieurs années, des chercheurs de notre laboratoire étudient l’assemblage et le fonctionnement de cette machinerie complexe. L’analyse des effets de la délétion de gènes codant pour différents composants du SST3 a permis de démontrer le rôle de deux nouvelles protéines dans la mise en place de l’appareil de sécrétion. Nos travaux [1] ont montré que ExsB, l’une de ces protéines, joue le rôle de Pilotine. En effet, cette lipoprotéine guide vers la membrane externe de la bactérie la sécrétine PscC par laquelle transitent toutes les protéines sécrétées. Ainsi, ExsB régule biochimiquement l’assem-blage du SST3. Nous nous sommes également intéressés à d’autres protéines au rôle mal compris. C’est ainsi qu’ils ont découvert que la protéine PscI[2] joue un rôle dans l’ancrage de l’aiguille de sécrétion et possède des propriétés de polymérisation semblables à celles de la sous-unité formant cette aiguille. PscI possède également une autre facette : cette protéine, une fois polymérisée, est capable d’activer la production d’IL-1ß par des macrophages.

Ce travail illustre l’assemblage complexe et multi-factoriel du SST3 dans lequel plusieurs protéines assurent des rôles subtils d’optimisation.


Le SST3 de Pseudomonas aeruginosa est un complexe multiprotéique traversant les deux membranes bactériennes et prolongé à la surface de la bactérie par une aiguille et un pore d’injection.
L'interleukine 1 est sécrétée par les macrophages pour stimuler la prolifération puis la différenciation des lymphocytes T. Les interleukines sont des protéines produites par le système immunitaire.

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